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vendredi 17 mai 2024

François de La Roche

François de La Roche



Je venais encore une fois de me réveiller, une fois de plus, dans cette petite chaumière que je connaissais parfaitement bien à présent. Étrangement, l’intérieur était toujours le même, la même disposition dans les trois pièces, le même décor parfois plus vieilli, la même luminosité, la même cheminée où crépitait toujours un feu dévorant quelques bûches de bois sec et une fois de plus, je constatai que, si je sortais au-dehors par la seule porte, le paysage avait, comme souvent, changé de tout au tout.
Une fois encore, une fois de plus, j’avais changé de lieu, d’époque aussi certainement, sans jamais savoir si j’avançais dans le temps ou si je revenais sur mes pas...
Le miroir de la chambre, d’une grandeur plus qu’honorable, et laissant me voir plus que de tronc, me permit de constater que, malgré certains changements auxquels je pouvais m’attendre, je ne prenais pas une seule ride. Incroyablement, j’étais toujours le même.
J’appréhendai cette sortie que je devais bien faire à un moment donné de cette nouvelle journée. Je voulais savourer l’instant présent et attendre encore quelques minutes afin de tenter de me remémorer mon passé, pas si lointain pour moi, puisque je n’avais dormi qu’une nuit, mais tellement éloigné de la réalité qui voulait se présenter à moi au-delà de cette porte que je me refusais à franchir dans l’immédiat.
Toujours devant mon reflet, je regardai ma tenue, la même que la veille, ça non plus ça n’avait pas changé. Je me rappelai parfaitement bien comment je m’étais couché avant que je ne rende mon dernier souffle, avant que je ne meure encore une fois.
Je soulevai ce qui me restait de chemise, un lambeau tacheté de sang, une quantité impressionnante avait dû s’écouler de la plaie, mais je constatai toujours avec la même stupéfaction, que la blessure qui avait causé ma mort prématurée, ce coup de couteau violent reçu près du cœur avait totalement disparu, une fois de plus...
Si le sang s’était manifestement répandu en abondance, causant alors ma mort, tout avait encore disparu, pas même une cicatrice que je cherchais du bout du doigt, des doigts, les laissant se frayer un chemin dans la pilosité foisonnante de ma poitrine, mais rien, pas même une légère douleur, même à peine perceptible, comme cette petite sensation de picotement, rien du tout.


35e roman de François-Xavier David où le personnage principal après de multiples vies n’arrive pas à mourir ; pourtant ses morts successives sont très souvent violentes, mais il se réveille toujours âgé de 29 ans, au même endroit, dans le même lit, sous le même plafond, près de la même porte à la même poignée, et une fois dehors, toujours les mêmes marches et le même puits. C’est après ce puits qu’une nouvelle vie recommence pour mourir à nouveau avant de revivre encore. Il traversera alors les siècles jusqu’à connaître enfin l’explication sur ces plus de quatre siècles d’existence.


  • Éditeur ‏ : ‎ Amazon KDP (21 mars 2024)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 495 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 249480616X
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2494806160


mardi 17 octobre 2023

Toi... Moi... Nous !

 

Toi... Moi... Nous !



Je m’appelle Pacôme et je suis né avec mon frère jumeau, Côme, un 1er avril comme une farce faite à nos parents qui pensaient avoir une fille, enfin. Ils avaient déjà eu cinq garçons auparavant, Lorenzo, Pierfrancesco, Juan-Antonio, Guido et enfin Pietro, ils avaient tenté une sixième et ultime fois dans l’espoir qu’enfin une petite fille pointerait le bout de son petit nez. En vain. Côme et moi avions vécu heureux jusqu’à ce jour tragique où mon frère eut un terrible accident de moto et trouva la mort à l’hôpital local. Un drame pour la famille, un drame pour tout le monde, mais surtout un terrible drame pour moi, son frère jumeau...

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Je m’appelle Ghislain et aujourd’hui, je fête mes quinze premières années de service dans la Marine nationale. J’y suis entré par un premier contrat de cinq années comme mousse, apprenti marin au CIN de Brest, dans le Finistère en Bretagne, j’étais encore très jeune, pas encore seize ans. C’était jeune, bien trop jeune peut-être, mais je ne regrette pas. La seule chose qui pourrait me motiver à partir, ce sont ces militaires un peu trop militaires et qui peuvent “me prendre la tête” comme on dit souvent. Et c’est justement un homme comme cela qu’il rencontre très régulièrement dans son service. Un officier marinier supérieur, chef de section de jeunes recrues, apprentis mécaniciens à l’école de la presqu’île de Saint-Mandrier en face de Toulon, de l’autre côté de la rade. Il vient régulièrement en consultation accompagner ses hommes dans les différents services de l’hôpital et surtout dans le service où je travaille.

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Je m’appelle Makoa Koko Kauakahi et je me réveille comme tous les matins, dans le haut de cette tour de huit étages, où j’habite au sixième, heureusement il y a un très grand ascenseur. Comme tous les matins, je m’étire, les bras tendus de chaque côté du lit comme pour tenter d’attraper chaque pan de mur que je n’atteindrai forcément jamais dans cette chambre spacieuse. J’ai vingt-neuf ans, et ça fait maintenant sept ans que je vis en France après y avoir fait mes études de langues. J’ai quitté mon île d’O’ahu, la plus peuplée de l’archipel d’Hawaii pour venir apprendre le français, depuis je suis resté ici, j’enseigne à la faculté du Mirail de Toulouse. Je suis à présent professeur d’anglais mais aussi de japonais, ma mère étant nippone...

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29e roman de F-X David où il aborde cette fois-ci une série de dix-huit petites histoires sentimentales mettant en scène la rencontre de deux hommes qui, parfois, tout oppose. On retrouve au gré des pages, des personnages déjà connus de certains romans déjà parus par le passé.


  • Éditeur ‏ : ‎ AFNIL (2 octobre 2023)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 383 pages
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2494806108

Je parlerai aux fleurs déposées sur ta tombe

  Je parlerai aux fleurs déposées sur ta tombe J’avais machinalement levé l’index. — Oui ! Je vous écoute ! — Mathis Jézéquel, je viens de R...