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samedi 29 août 2026

Je parlerai aux fleurs déposées sur ta tombe

 

Je parlerai aux fleurs déposées sur ta tombe



J’avais machinalement levé l’index.
— Oui ! Je vous écoute !
— Mathis Jézéquel, je viens de Rennes où j’ai obtenu mon bac général, au lycée Jean Macé de Rennes !
— Oh ! Très bon établissement, et bien connu pour son excellence ! Jézéquel, j’avais déjà l’information. Si je ne me trompe pas, nous avons déjà un maître de stage, vous l’aurez pour les trois années. Vu que vous êtes de Rennes et que vous ne rentrerez sûrement pas tous les weekends, nous nous sommes permis de chercher quelqu’un pour vous. C’est un ancien professeur d’ici.
— Je pensais que je devais le chercher moi-même !
— C’est quelqu’un de très bien, je vous assure !
— D’accord ! dis-je assez désappointé qu’on ait déjà décidé de mon avenir pour moi.
— Je vous sens déçu ! Est-ce que je me trompe ?
— Je ne sais pas, Monsieur ! Je ne sais pas !
— Mais si ça peut vous aider à accepter plus facilement notre décision, sachez qu’il a sa boutique à Rennes.
— À Rennes ! dis-je surpris et heureux à la fois. Mais je ne comprends pas, vous veniez de dire que je ne rentrerais certainement pas tous les weekends là-bas, et là, vous me proposez malgré tout une boutique à Rennes.
— On en reparle après, si vous voulez bien !
J’avais dû faire une mine qui avait sûrement dévoilé ma réelle impatience.
— Vous ne serez pas obligé de rentrer chez vous, enfin, je sais que vous comprenez ce dont je parle, parce que votre tuteur peut vous loger sur place. Il a un appartement à l’étage de sa boutique qu’il voudrait mettre à votre disposition. Je ne vous cache pas que ça l’arrange, il n’aime pas le laisser inoccupé !
— Que dois-je comprendre là-dedans, Monsieur ? Il me prend comme apprenti, ou comme gardien pour son appartement !
— Et moi, que dois-je comprendre, jeune homme, que cela ne vous convient pas ?

48e roman de François-Xavier David. Un enfant abandonné dès la naissance grandit dans un foyer avec l’espoir de n’être jamais adopté. À l’âge de rejoindre le lycée, par passion, il choisit de devenir fleuriste. Arrive alors le premier stage en entreprise où tout ce qu’il avait mis en place afin de ne jamais s’attacher à personne s’effondre. Azel Coadou, son mentor, le prend sous son aile...

  • Éditeur ‏ : ‎ Afnil
  • Date de publication ‏ : ‎ 29 août 2026
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l'édition imprimée  ‏ : ‎ 649 pages
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2494806290
  • Poids de l'article ‏ : ‎ 1,07 Kg

vendredi 23 mai 2025

Fils de...

 

Fils de...





— Tu es d’origine irlandaise ? me demanda-t-il.
— Je ne sais pas ! répondis-je sans oser le regarder.
— Comment ça tu ne sais pas ? insista-t-il.
— En fait, je ne sais pas qui sont mes parents ! répondis-je sans m’étaler plus.
— Oh ! Désolé ! Tu es orphelin...
— Non ! dis-je un peu honteux. Je ne sais pas qui sont mes parents, c’est tout. Je ne les ai jamais vus, je sais qu’ils sont toujours en vie, mais je ne connais même pas leur identité.
— Oh ! Pardonne-moi... J’étais loin de me douter de cette réponse. Mais permets-moi d’insister, enfin si tu veux bien, tu es de la région ?
— J’ai toujours vécu en Suisse, mais je suis Français. J’ai été élevé par un majordome et son épouse, il y avait d’autres personnes comme des gouvernantes, une par jour de nationalité différente à chaque fois, je parle donc le français, mais aussi l’anglais, l’allemand, l’espagnol, l’italien et le grec. À l’école, enfin à l’institut privé, j’ai perfectionné ces langues, et au séminaire, j’ai appris le latin. Je suis en principe né à Cabanès, dans l’Aveyron, mais après avoir demandé un acte de naissance, il m’a été répondu qu’il n’y avait aucun acte à mon nom, le pire c’est qu’aucune naissance n’a été enregistrée dans cette toute petite mairie depuis plus de soixante ans. Alors je ne sais pas qui sont mes parents, cet acte m’aurait renseigné, et surtout je ne sais pas où je suis né. Sans mon celebret, valable une année, je serais un apatride !
— Tu n’as pas essayé d’approfondir les recherches ? me demanda Julien Kern.


43e roman de François-Xavier David, où le sujet de la recherche d’une famille est abordé. Le personnage principal, qui deviendra prêtre, se retrouve sans parents, sans famille, élevé en Suisse dans une immense maison dont il est le propriétaire depuis sa naissance, et avec du personnel pour le servir. À la sotie du séminaire, il demande son acte de naissance en France afin d’obtenir une carte d’identité, mais la mairie lui répond qu’elle n’a pas enregistré de naissance depuis plus de soixante ans. Commence alors sa quête de vérité.

  • Nombre de pages de l'édition imprimée  ‏ : ‎ 530 pages
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2494806245
  • Poids de l'article ‏ : ‎ 880 g

mercredi 2 avril 2025

Llywellyn Singuelier, ou la Naissance d'un Monstre

Llywellyn Singuelier, 

ou la Naissance d'un Monstre


*



Je souffrais, c’était vrai, mais je devais me tenir tête, tenir tête à moi-même, être conscient que j’étais allé beaucoup trop loin. Mais dans l’immédiat, je n’y arrivais pas.
J’étais là, allongé sur mon lit, à regarder le plafond de ma chambre. En arrivant ici, dans cette maison, la veille de partir à Rennes pour l’école de photographie, j’avais dit à Papa que j’aurais aimé que ce plafond revête une couleur bleutée, d’un bleu azur, afin que mon regard soit porté vers la rêverie. J’avais envie de voyager, j’avais envie de penser à l’ailleurs, sans bouger, en restant allongé sur le matelas douillet de mon lit.
J’avais entendu les pas de Maman monter les escaliers et venir juste devant ma porte. Elle avait frappé tout contre, je n’avais pas répondu. Elle avait tenté de tourner la poignée, mais bien sûr, fermée à clef, la porte resta close.
J’avais laissé ses paroles s’échouer dans le néant de mes pensées, et sans donner la moindre réponse. J’avais tourné la tête vers la fenêtre et je regardais au dehors. J’étais en colère. Oh ! Je n’étais pas vraiment en colère contre Maman ou Papa, ça, ça arrive dans toutes familles, et puis j’avais des parents. N’était-ce pas déjà quelque chose de merveilleux ?
J’étais juste en colère contre cette femme qui m’avait abandonné à sa sœur, et contre cette sœur qui m’avait abandonné dans le hall d’une grande gare de la capitale, seul, démuni, perdu...
J’étais en colère contre elles deux qui, du fait de leur inconscience et de leur choix irraisonné, m’avaient occasionné tant et tant de difficultés pendant toutes ces années. Je devais impérativement me changer les idées, je devais oublier tout cela, je devais ne plus penser à elles, je devais... je devais agir, je devais arrêter tout ça.




42e roman de François-Xavier David, où il aborde le sujet de l’abandon, de l’adoption, de la recherche des origines familiales, et la recherche d’appartenance à une famille par le patronyme. Le personnage principal se retrouve avec un nom que personne ne porte, ce qui lui occasionne des angoisses récurrentes au point de fuir la réalité avant de se résoudre à vouloir vivre ce qu’il est, un jeune homme sans origine.


  • Éditeur ‏ : ‎ AFNIL (24 mars 2025)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 465 pages
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2494806238

mercredi 6 novembre 2024

Jeanne d'Ÿ

 Jeanne d'Ÿ





J’avais donc définitivement quitté mon presbytère, avec eux deux, mes deux moines, le mardi matin suivant et ils m’avaient présentée aux deux fermiers, deux frères très âgés, l’un d’eux était alité, pratiquement mourant, un moribond, l’autre n’était guère mieux, mais au moins il était debout. Les deux moines étaient repartis presque aussitôt.

— Et vous allez me laisser là, avec ces vieillards ? dis-je assez apeurée par la situation plus qu’insolite.

— Jeanne, c’est une occasion d’avoir un emploi où tu seras seule à aider ces deux vieux paroissiens...

— Mais je suis loin de tout...

— Jeanne, mais tu as besoin de quoi ? Ils sont fermiers, ils ont tout ce qu’il faut, un jardin avec des légumes, des volailles, des porcs, des vaches pour le lait, mais aussi des brebis et des chèvres si tu veux faire du fromage... Que veux-tu de plus ?

— Mais que dois-je faire ? demandai-je les larmes aux yeux d’être abandonnée à mon triste sort.

— Jeanne ! répondit Marguerin en me fixant. Crois-moi, c’est pour ton bien, je suis sûr et certain que tu vas être très heureuse ici. Le village Touquerant n’est pas grand, deux ou trois maisons, mais tu es dans la plus belle des trois, la plus grande, avec un beau terrain...

— Mais tout ça est à ces vieux messieurs, ces deux frères...

— Jeanne, ils n’ont pas de descendance, ils n’ont pas de famille...

— Mais je ne comprends pas ! dis-je étonnée.

— Jeanne, ils nous ont demandé si nous connaissions une jeune femme qui mériterait d’être leur héritière... Écoute bien, ma Jeanne, ces deux messieurs veulent que tu hérites de tout ce que tu vois là...

— Mais je ne les connais pas du tout, je n’avais même pas entendu leur nom avant de venir ici ! ...

— Comme nous te l’avons dit, ils n’ont plus personne qui vient les voir depuis de nombreuses années...

— Mais que dois-je faire ?

— Je crois, continua l’abbé Lemonnier, que tu devras te marier avec...


37e roman de François-Xavier David où Jeanne d’Ÿ vit près de Granville où elle est née, puis abandonnée, du moins, le croit-elle. Violée à 12 ans jusqu’à accoucher à 14 ans d’une enfant mort-née, elle s’enfuit et va vivre au presbytère de Bréhal avant d’être mariée à un vieillard mourant. Jeanne d’Ÿ hérite de tout, mais aussi des secrets du vieil homme, son défunt mari, et du frère de ce dernier mort quelque temps après. Jeanne deviendra, au fil des années, une mère comblée et riche après avoir découvert ses origines.



Je parlerai aux fleurs déposées sur ta tombe

  Je parlerai aux fleurs déposées sur ta tombe J’avais machinalement levé l’index. — Oui ! Je vous écoute ! — Mathis Jézéquel, je viens de R...