vendredi 17 mai 2024

Plan "D"

 Plan "D"



Je l’avais regardé, dévisagé même, je ne connaissais pas mon frère, il était pourtant le seul à être venu, je ne voyais plus que lui. Les photographes s’étaient agglutinés tout autour de moi, Aleksandr les avait repoussés, puis je vis mes deux autres frères, Balthazar et César, se frayer un chemin au beau milieu de tous ces journalistes. J’étais pétrifié par tout ça, je n’avais jamais connu autant d’excitation autour de moi. Je n’avais jamais connu une situation pareille, je vivais tranquille chez maman Kristen et papa Lårs, au milieu de mes frères et sœurs, au milieu de la ferme, de mes animaux et surtout du calme de la campagne et de mon insouciance d’enfant de moins de 10 ans.
Je me mis subitement à pleurer, des larmes de peur coulèrent le long de mes joues, les flashes crépitèrent, Aleksandr se saisit de mon bras gauche et me tira tout contre lui.
— Foutez-lui la paix, bande de vautours ! hurla-t-il alors que notre mère entra en furie par la porte qu’elle venait tout juste de franchir.
— Vous faites quoi, là ! hurla-t-elle à son tour non pas en s’adressant aux personnes présentes mais à mes frères les princes.
Aleksandr s’approcha d’elle en me tenant toujours tout contre lui, suivi de Balthazar, et bien sûr de César. Mon frère aîné était rouge de colère.
— Madame ! dit-il haineusement. Vous nous avez caché à tous les trois, que nous avions un frère, le prince Dan ! On apprend aujourd’hui, que le jeune garçon assis sur une simple chaise a été “convoqué”...
— Invité ! s’écria-t-elle devant la foule de photographes. Cet enfant a été invité !
— Cet enfant, dites-vous ? Votre fils, madame mère !
— Dégagez ! Hors de ma vue ! s’écria-t-elle cette fois-ci à toutes les autres personnes dans la pièce. Et si j’apprends que le moindre cliché paraît dans la presse, vous entendrez parler du palais ! dit-elle menaçante.
Je pleurai toutes les larmes de mon corps et reçus, alors que je regardai partir les journalistes, une gifle magistrale en pleine figure de la part de celle qui était ma mère et que je voyais pour la première fois de ma vie.
— Et toi, ferme-la ! hurla-t-elle en même temps qu’elle me donnait cette gifle-là.
Je regardais cette femme avec tellement de haine dans la tête sans pouvoir lui dire combien je la détestais. Je n’avais que 9 ans à deux mois de mes 10 ans et je venais tout juste de découvrir son existence, ma mère, la reine, mais aussi mes frères qui me paraissaient très gentils.


36e roman de François-Xavier David où Dan Heldøglykke découvre sa vie au cœur d’une famille d’adoption à la ferme, loin de la cour du royaume où ses parents règnent. À presque 10 ans, il est arraché de cette vie idyllique pour être enfermé dans une aile du palais, dans la Maison des Princes. Après avoir découvert ses trois frères, un duc, un comte et un baron, Dan comprend qu’il n’y a pas d’avenir pour lui, il s’évade à ses 18 ans pour parcourir le monde. Après presque trois ans s’absence, il revient au royaume afin de régler ses comptes avec son passé.

  • Éditeur ‏ : ‎ Amazon KDP (7 mai 2024)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 551 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2494806178
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2494806177

François de La Roche

François de La Roche



Je venais encore une fois de me réveiller, une fois de plus, dans cette petite chaumière que je connaissais parfaitement bien à présent. Étrangement, l’intérieur était toujours le même, la même disposition dans les trois pièces, le même décor parfois plus vieilli, la même luminosité, la même cheminée où crépitait toujours un feu dévorant quelques bûches de bois sec et une fois de plus, je constatai que, si je sortais au-dehors par la seule porte, le paysage avait, comme souvent, changé de tout au tout.
Une fois encore, une fois de plus, j’avais changé de lieu, d’époque aussi certainement, sans jamais savoir si j’avançais dans le temps ou si je revenais sur mes pas...
Le miroir de la chambre, d’une grandeur plus qu’honorable, et laissant me voir plus que de tronc, me permit de constater que, malgré certains changements auxquels je pouvais m’attendre, je ne prenais pas une seule ride. Incroyablement, j’étais toujours le même.
J’appréhendai cette sortie que je devais bien faire à un moment donné de cette nouvelle journée. Je voulais savourer l’instant présent et attendre encore quelques minutes afin de tenter de me remémorer mon passé, pas si lointain pour moi, puisque je n’avais dormi qu’une nuit, mais tellement éloigné de la réalité qui voulait se présenter à moi au-delà de cette porte que je me refusais à franchir dans l’immédiat.
Toujours devant mon reflet, je regardai ma tenue, la même que la veille, ça non plus ça n’avait pas changé. Je me rappelai parfaitement bien comment je m’étais couché avant que je ne rende mon dernier souffle, avant que je ne meure encore une fois.
Je soulevai ce qui me restait de chemise, un lambeau tacheté de sang, une quantité impressionnante avait dû s’écouler de la plaie, mais je constatai toujours avec la même stupéfaction, que la blessure qui avait causé ma mort prématurée, ce coup de couteau violent reçu près du cœur avait totalement disparu, une fois de plus...
Si le sang s’était manifestement répandu en abondance, causant alors ma mort, tout avait encore disparu, pas même une cicatrice que je cherchais du bout du doigt, des doigts, les laissant se frayer un chemin dans la pilosité foisonnante de ma poitrine, mais rien, pas même une légère douleur, même à peine perceptible, comme cette petite sensation de picotement, rien du tout.


35e roman de François-Xavier David où le personnage principal après de multiples vies n’arrive pas à mourir ; pourtant ses morts successives sont très souvent violentes, mais il se réveille toujours âgé de 29 ans, au même endroit, dans le même lit, sous le même plafond, près de la même porte à la même poignée, et une fois dehors, toujours les mêmes marches et le même puits. C’est après ce puits qu’une nouvelle vie recommence pour mourir à nouveau avant de revivre encore. Il traversera alors les siècles jusqu’à connaître enfin l’explication sur ces plus de quatre siècles d’existence.


  • Éditeur ‏ : ‎ Amazon KDP (21 mars 2024)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 495 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 249480616X
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2494806160


GuS - Face aux agressions

GuS

Face aux Agressions

— Vous aviez eu besoin de moi ? demandai-je alors que je vis Ancelin et Dumont se regarder tous les deux en fronçant les sourcils.
— Non ! Non, Proust, je n’avais pas eu besoin de vous, seulement j’aurais aimé en être informé plutôt que d’être mis devant le fait accompli, c’est tout !
— Désolé, mais GuS... GuS ! dis-je étonné. Mais tu es venu à pied ?
— GuS ne prend pas les transports en commun, il ne conduit pas non plus, d’ailleurs il n’a pas de permis de conduire. Il a donc pris un taxi. Est-ce que GuS peut parler au commandant Pelletier.
— Je t’écoute, GuS ! répondit-il aussitôt.
— GuS veut l’enquête !
— Je t’ai déjà dit que je ne pouvais pas, tu es trop proche de la victime.
— D’accord ! dit-il en sortant une enveloppe de l’intérieur de Gibus. Voilà ! C’est pour le commandant Pelletier.
— C’est quoi ? dit-il en décachetant l’enveloppe blanche.
— La démission de GuS.
— Ta démission ? Mais je la refuse ! Tu es sous contrat pour au moins trois ans, renouvelable, il n’en est pas question.
— Un contrat peut être résilié ! s’écria-t-il.
— Peut-être, mais pas sous le coup de la colère, comme maintenant.
— GuS n’est pas en colère, pas encore, il est contrarié, c’est tout ! D’ailleurs, dit-il en ouvrant une valise qu’il avait apportée avec lui, GuS ne veut plus de la moto miniature, dit-il en la mettant entre les mains du commandant. Il ne veut plus non plus de l’ambulance, ajouta-t-il en la posant aussitôt sur le bureau de Corentin. Il ne veut plus de la voiture de police, poursuivit-il en la posant sur celui de Victor, et je ne veux plus du camion de pompier, finit-il en le posant sur mon bureau. GuS te rend aussi les clefs de ton appartement, capitaine Proust, et il exige les clefs de son appartement. Je ne suis plus ton frère. Je ne suis plus ta crapule, non plus ! dit-il en pleurant. Vous êtes tous des traîtres et des méchants et GuS n’aime pas les traîtres et les méchants.
Nous étions là à le regarder, sans rien comprendre. Il avait déjà refermé sa valise et me tendit la main.
— GuS attend les clefs de son appartement.
— Mais GuS ? Qu’est-ce... Tu es bien GuS, tu n’es pas une de ces... Tu n’es pas Sabin, ou Gobrien.
— GuS est GuS, il veut ses clefs, et tout de suite.
Je plongeai ma main dans ma poche et en sortis les clefs qu’il me prit carrément des mains. Il sortit la poignée télescopique de sa valise et partit à nouveau dans le couloir, toujours en pleurs, en dévalant les escaliers.
— GuS ! Attends GuS ! hurlai-je dans le couloir au niveau des escaliers alors qu’il était déjà sur le perron de l’immeuble.
34e roman, 5e et dernier tome de la saga GuS de François-Xavier David. Cet ultime volet révèle enfin les origines de tous les tourments du jeune homme depuis sa venue au monde à Rennes. Après le refus du commandant Pelletier de lui confier une enquête d’agressions dont le jeune autiste est lui aussi une des victimes, GuS, après une terrible colère, se la voit confier directement par la juge d’instruction. Secondant toujours Justin Proust, capitaine de police, et un nouveau collègue, il va une fois de plus résoudre l’enquête avec brio.


  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 733 pages
  • Éditeur ‏ : ‎ Amazon KDP
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2494806153




Llywellyn Singuelier, ou la Naissance d'un Monstre

Llywellyn Singuelier,  ou la Naissance d'un Monstre * Je souffrais, c’était vrai, mais je devais me tenir tête, tenir tête à moi-même, ê...